dimanche 25 septembre 2016

Sarah Murcia / Magnetic Ensemble (Cabaret Sauvage - 1 Septembre 2016)

Sarah Murcia - Never Mind the Future

Le public est plutôt rare quand s'installent sur scène les musiciens, dans ce toujours aussi magnifique cabaret Sauvage, mais il grandit peu à peu, attiré par les chansons des Sex Pistols admirablement arrangées, de manière formidablement diversifiée, par Sarah Murcia (du rageur et très direct "God Save the Queen" au mystérieusement planant et presque Lynchien "Pretty Vacant", du guilleret "Liar" au puissant et entêtant "Submission"). Commençant à la basse électrique puis passant à la contrebasse, et parfois ajoutant le chant, elle délivre aussi de terribles solos, qu'elle vit intensément.
Le chant est principalement assuré par Mark Tompinks, très charismatique performeur. Frank Vaillant à la batterie et Julien Desprez à la guitare assurent les aspects les plus rock. Au piano, Benoit Delbecq est, comme d'habitude, à la fois profondément fidèle à lui-même, et constamment surprenant. Je retiens en particulier un duo piano/ batterie, tout en tension. Le plus étonnant dans cette équipe est peut-être la présence d'un saxophoniste, Olivier Py, instrument assez rare dans le Punk originel ...
Une des réussites de ce projet est de faire entendre les textes des Sex Pistols, souvent négligés, souvent peu compréhensibles aussi ; ici, ralentis, articulés, ils accrochent l'oreille ("No feelings", "Bodies" ...).
Comme les Sex Pistols faisaient de multiples doigts d'honneur à la musique "sérieuse", quand Sarah Murcia redonne des lettres de noblesse à leurs chansons, cela donne une forme d'hommage assez paradoxal !

sarah murcia - never mind the future

Magnetic Ensemble

Un groupe composé principalement de percussionnistes, plus un piano préparé tout aussi rythmique, un clavier pour la basse, et une chanteuse éthérée pour l'ambiance, cela devrait beaucoup me plaire, mais finalement, non. Je trouve les compositions sommaires, les constructions sonores peu accrocheuses, et le désintérêt me fait quitter la salle en milieu de set.

magnetic ensemble

mardi 30 août 2016

Planning Septembre-Octobre 2016

Oh, un planning de début d'année livré avant le début des festivités ? Profitez-en, c'est rare ...





jeudi 21 juillet 2016

Anne Teresa de Keersmaeker - La Nuit transfigurée (Théâtre de la Ville - 15 Juin 2016)

Au départ, un homme et une femme. Puis l'homme s'éloigne, et un autre le remplace. S'ensuit un long pas de deux, sur plateau nu, avec la musique de Schönberg en fond sonore. C'est un peu peu. Moins de cercles et de spirales que d'habitude, plus de diagonales. Rien de bien passionnant. Et comme cette musique me laisse toujours aussi peu intéressé, je m'ennuie tranquillement. Heureusement, pour une fois, c'est court (40 minutes, durée dictée par la pièce de Schönberg).

la nuit transfigurée

dimanche 17 juillet 2016

EIC - Temps réel (Cité de la Musique - 10 Juin 2016)

Aureliano Cattaneo - Corda

Le piano est augmenté par des capteurs midi et autres gadgets qui permettent de déformer les sons ou de lancer des séquences, elles-mêmes dérivées de sonorités pianistiques. Comme souvent, l'effet catalogue et démonstration guette. J'aime bien certains sons, comme une sorte de crotale mystérieux et inquiétant, ou le jeu sur les résonances graves.

Brian Ferneyhough - Inconjunctions

Il y a quatre parties aux caractères très différents, disposées autour d'un panneau central finalement beaucoup plus intéressant et original, où les musiciens jouent très doucement un entrelacs de lignes, pour un résultat à la fois statique, et mouvant sans aucune répétition.

Beat Furrer - linea dell'orizzonte

Le livret explique : "de l'imbrication des voix émerge une étude des effets d'ombre par distorsion". Je ne sais pas trop ce que cela signifie ... Cela n'empêche pas la musique d'être très prenante, nerveuse, pleine d'accents étranges, de sonorités disparates, contrastées ; des affrontements ont lieu en arrière-plan, il y a des clairs-obscurs pleins de tensions et de dangers, une vie s'agite frénétiquement dans les (sont-ce celles-ci ?) ombres.

Yan Maresz - Tutti

C'est indéniablement de la bonne musique bien efficace, avec des effets divers et variés, des séquences pour tous les goûts, et du travail bien foutu, mais ça ne me touche pas. J'écoute sans déplaisir, mais sans passion, et en oubliant au fur et à mesure.

Ailleurs : ResMusica

Airelle Besson Quartet (Café de la Danse - 8 Juin 2016)

Olivier Bogé, Tony Paeleman

Olivier Bogé nous explique que les morceaux joués ce soir sont destinés à un ensemble de musiciens bien plus conséquent. Pourtant, la plupart des morceaux tiennent fort bien, dans cette réduction en duo (l'un des derniers aurait sans doute supporté une lente montée en puissance, difficile à produire ainsi allégé). Olivier Bogé alterne entre guitare (instrument où je le préfère, de loin) et saxophone, Et Tony Paeleman se cantonne au piano, sans aucune électricité. Musique de voyage et de paysages, tranquille, bien réalisée, très agréable.

Airelle Besson Quartet

Le plateau est presque coupé en deux. A droite, les deux hommes. Benjamin Moussay aux claviers (je découvre que les lignes de basses ne sont pas jouées sur un pédalier d'orgue, mais sur un mini-clavier spécifique posé sur le piano) organise une bonne part de la musique. Fabrice Moreau reste un batteur d'une suprême élégance, qui même dans les courses haletantes joue de micro-décrochages, des décalages, des éclairages qui apportent surprise, fraîcheur, émotion. A gauche, les deux femmes. Isabel Sörling chante pieds nus, corps agité de longues extensions et frémissements, en accord avec sa voix envoûtante, et une main posée sur les multiples pédales d'effets, presque autant que Moussay. Et enfin, Airelle Besson, qui chante elle aussi, mais avec sa trompette, les deux lignes parfois fusionnant, ou se complétant, dans la joie légère, dans l’exubérance sage, dans l'enchantement et la tendresse. Airelle Besson présente aussi quelques morceaux, mais elle peut à cet exercice s'améliorer.
C'est la première fois que je me rends dans cette salle, l'acoustique est excellente, la vue sur la scène parfaite, et le public, du moins pour ce soir, très enthousiaste et ovationnant. Une soirée très très plaisante, et une salle à ajouter dans ma surveillance des programmes.

airelle besson quartet au café de la danse

Berg Mahler (Philharmonie de Paris - 19 Mai 2016)

Alban Berg - Concerto pour Violon

C'est une belle version de cet "A la mémoire d'un ange" que nous offrent Isabelle Faust en soliste et Daniel Harding, pour la première fois ce soir chef de l'orchestre de Paris. Belle, soignée, fignolée, mais un brin trop parfaite et intériorisée ; il me manque le frisson d'émotion, la pointe de douleur dans les gencives ou dans l'estomac.
En bis, un extrait énigmatique, forcément énigmatique, de "Signs, games and messages" de Kurtàg.

Gustav Mahler - Symphonie n°4

Je pensais ne pas trop aimer cette symphonie, trop heureuse et gentille. Mais l'interprétation de ce soir la présente sous un jour adorable, pétillante de détails, gourmande, généreuse en soli et en arrangements orchestraux délicieux ! Un grand bonheur, dont je ne décroche pas une seconde !

mahler 4

AilleursDidier van Moere, Anaclase

Emile Parisien Quintet (Le Triton - 14 Mai 2016)

En parallèle avec son quartet et un nombre non négligeable de projets annexes, Emile Parisien lance donc un quintet, qui cherche encore son répertoire, piochant dans les compositions des différents membres. Au plaisir d'entendre le saxophoniste, toujours aussi ample, lyrique, nerveux, et spectaculaire sur scène, s'ajoute celui de retrouver Manu Codjia, pas vu depuis longtemps, et celui de découvrir le pianiste Joachim Kühn, au discours plein de brisures, de dérives et d'incises (mais ma position dans la salle me permet d'entendre la guitare bien plus aisément que le piano). En paire rythmique, il y a Mario Costa à la batterie, qui m'a fait pas mal penser à Christophe Marguet, et Simon Tailleu à la contrebasse, déjà vu avec Youn Sun Nah, et qui reste toujours aussi discret, solidement planté à l'arrière-plan.
Les morceaux choisis, d'ambiances assez diverses, dessinent un paysage en formation. A suivre, donc.

emile parisien quintet